Tribune de l’Ambassadrice : "La France est solidaire de l’Ukraine"

La visite lundi 30 mai à Boutcha et Kyiv de la ministre française des affaires étrangères, Catherine Colonna me donne l’occasion de rappeler les grandes lignes de la position française depuis l’agression russe en Ukraine.

Nous partageons avec la Lettonie un objectif clair : tout faire pour que l’Ukraine puisse tenir et la Russie ne jamais l’emporter. Ce qui se joue en Ukraine, c’est notre sécurité collective. Il n’est pas question de faire preuve de faiblesse, nous devons agir avec détermination.

Il est clair pour nous que c’est à l’Ukraine et à elle seule de décider de négociations avec la Russie, dans le respect absolu de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays. Le président Macron maintient ouvert un canal de communication avec le pouvoir russe en toute transparence avec son homologue ukrainien.

La solidarité de la France envers l’Ukraine, comme celle de nos partenaires européens et de l’OTAN, s’est traduite en gestes concrets : aide humanitaire (plus 800 tonnes livrées), appui en matériel d’urgence, soutien au niveau des collectivités locales aide financière bilatérale et via les canaux de l’UE et du G7. Au total cela représentera au moins 2 milliards de dollars. La France accueille à ce jour 85 000 réfugiés ukrainiens.

L’appui militaire, plus discret pour des raisons évidentes, est déjà effectif. La France a notamment livré récemment des canons CAESAR et a formé des soldats ukrainiens à leur maniement. Le président Macron a indiqué à son homologue ukrainien que les livraisons d’armes par la France se poursuivront et gagneront en intensité dans les jours et semaines à venir.

Une phrase du président français a été très commentée lorsqu’il a appelé à ne « pas céder à l’esprit de revanche et au désir d’humiliation ». C’est bien parce que c’est la justice qui doit nous guider. La Russie doit être tenue responsable de son agression, des violations de tous ses engagements internationaux, et cela depuis 2014, et des effroyables crimes de guerre qu’elle commet. La France, par exemple, a envoyé en Ukraine des enquêteurs spécialisés pour la collecte des preuves et travaille avec la CPI et la Procureure générale d’Ukraine pour que les crimes russes ne restent pas impunis.

La France exerce ce semestre la présidence du Conseil de l’UE et ne ménage pas ses efforts pour obtenir des accords sur des sanctions fortes et des mesures courageuses pour réduire toute dépendance, notamment énergétique, vis-à-vis de la Russie. Des sanctions d’une ampleur sans précédent ont été adoptées qui visent le pouvoir russe et tous ceux qui le soutiennent. Nous poursuivons dans cette voie.

Nous avons salué la demande d’adhésion adressée par l’Ukraine à l’UE. Le Président Macron l’a dit avec force : « l’Ukraine fait partie de la famille européenne. » Cette demande est en cours d’instruction par la Commission européenne et fera l’objet d’une discussion des chefs d’Etat et de gouvernement lors du Conseil européen de juin.

Le projet de « communauté politique européenne » formulé par le Président Macron n’est pas une alternative au processus d’adhésion mais bien complémentaire. Nous pensons qu’il faut donner un signal rapide et clair d’intégration européenne aux Ukrainiens. Le processus d’adhésion à l’UE est long et exigeant. C’est pour cela qu’il faut des voies de solidarité concrète rapidement.

Je citerai enfin l’enjeu majeur de la sécurité alimentaire. C’est une priorité de notre action de trouver les voies pour permettre les exportations de millions de tonnes céréales ukrainiennes, bloquées par la Russie, et dont dépend une grande partie du monde pour son alimentation.

Les enjeux sont trop cruciaux pour notre continent pour jouer le jeu de la division. Soyons forts pour l’Ukraine, restons unis.

Dernière modification : 02/06/2022

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