Première Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme

[English version below]

Message du Président de la République
11 mars 2020

Ce 11 mars 2020 est la première journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme.

Cette date, choisie par l’Union européenne en souvenir de l’attentat commis à Madrid à la gare d’Atocha, le 11 mars 2004, nous rassemble aujourd’hui dans une communauté de destins qui transcende les frontières.

La commémoration est d’abord ce que la Nation doit à tous ceux qui ont été balayés par la violence du terrorisme, à ceux se sont relevés meurtris, à ceux qui ne se relèveront pas.

Par-delà le deuil, elle marque aussi notre reconnaissance envers ces femmes et ces hommes qui ont sauvé, secouru, soigné, aidé, accompagné. Sauveteurs, forces de l’ordre, élus, ou passants anonymes, tous ceux qui, lorsque nous avons été frappés au cœur, ont formé d’un seul élan une grande chaîne fraternelle de solidarité.

Une chaîne soudée par l’État, qui a recueilli les orphelins et soutenu les conjoints endeuillés, pansé les blessures, celles du corps et celles de l’âme qui, pour être plus secrètes, plus souterraines, ne sont pas les moins aiguës. Pleurer les morts, et réparer les vivants.

Cette journée est la preuve que les terroristes ont échoué à anéantir la promesse républicaine. Ils voulaient détruire la valeur de la vie, ils n’ont réussi qu’à nous la rendre plus précieuse. Ils voulaient paralyser, ils nous ont galvanisés. Ils voulaient diviser, ils nous ont unis.

Chaque année, le 11 mars rassemblera toute la Nation, tous les Français dans un recueillement collectif où nous nous souviendrons et où nous affirmerons haut et clair notre unité et notre détermination à combattre les fureurs de tous les obscurantismes et de tous les fanatismes.

Aujourd’hui, au nom de la France, au nom de chacun d’entre vous, je présiderai la première cérémonie de cette journée nationale à Paris, sur le parvis des droits de l’Homme au Trocadéro. Et j’ai souhaité que partout où bat le cœur de la nation, aussi bien sur notre sol que dans les communautés françaises à l’étranger, tout citoyen puisse s’associer à la commémoration.

C’est pourquoi chaque préfecture, chaque ambassade, participe aujourd’hui à ce moment de communion, et que partout se rassemblent, non seulement les victimes et leur famille, mais ceux qui les ont secourues dans un esprit de dévouement et de solidarité exemplaire.

J’ai aussi voulu que l’hommage s’inscrive dans une perspective mémorielle d’envergure. Par la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme, nous honorons les victimes. Par la création d’un mémorial du terrorisme en France, lieu unique au monde, nous opposerons aux forces mortifères de la barbarie, la lumière vitale de la mémoire et de la connaissance.

Leurs noms sont désormais gravés dans le bronze et dans la pierre. Ils sont plus profondément encore gravés en nous.

Abel. Elsa. Bernard. Linda. Laurence, Jonathan, Philippe, tant et tant d’autres prénoms, tant d’existences, de talents, d’espoirs, qui laissent au flanc de notre pays une plaie encore ouverte. Nous nous remémorerons vos visages, vos destins, prouvant que vos vies fauchées par la barbarie n’ont pas été annihilées : elles seront éternisées par nos mémoires, elles nous raffermiront dans notre amour de la liberté.

A ceux qui sèment la mort et la terreur, qui veulent détruire notre raison et notre façon de vivre, la France, l’Europe, répondront toujours avec la force universelle de leurs valeurs et la puissance sereine de l’Etat de droit. Elles se défendront pied à pied, à grand renforts de tolérance, en érigeant haut les digues de la liberté et de la justice.

En choisissant les mots d’Albert Camus, les associations de victimes ont compris l’essentiel de notre défi : face au danger d’un monde qui se défait et parfois se barricade, un monde où « nos grands inquisiteurs risquent d’établir pour toujours les royaumes de la mort », il nous faut « restaurer entre les nations la paix, refaire avec tous les hommes une arche d’alliance ».

Que la première de ces arches soit ce pont que bâtissent aujourd’hui nos mains unies et nos mémoires rassemblées.

*

Message from M. Emmanuel Macron, President of the Republic
Paris, 11 March 2020

Today, 11 March 2020, is the first National Day to Honour the Victims of Terrorism.

The date, chosen by the European Union to remember the attack committed at Madrid’s Atocha station on 11 March 2004, brings us together today as part of a shared destiny transcending borders.

The commemoration focuses firstly on what the Nation owes all those to whom the violence of terrorism has dealt a blow, those who, bruised and battered, have picked themselves up, and those who cannot.

Beyond the grief, it also shows our gratitude to these women and men who have saved, rescued, cared for, assisted and supported others. Rescuers, police officers, elected representatives and anonymous passers-by – all those who, when we were struck in the heart, spontaneously forged a great fraternal chain of solidarity.

A chain solidly linked by the State, which took in orphans, supported husbands and wives plunged into mourning, bandaged wounds, physical and mental which, despite being more hidden, more secret, are no less acute. To Mourn the dead and heal the living.

Today is proof that the terrorists failed to annihilate the Republican promise. They wanted to destroy the value of life ; they only succeeded in making it more precious to us. They wanted to cause paralysis ; they galvanized us. They wanted to divide ; they united us.

Every year, 11 March will bring together the whole nation, all French people, in an act of collective contemplation where we shall remember and affirm, loud and clear, our unity and determination to combat the fury of all forms of obscurantism and fanaticism.

Today, in the name of France, in the name of every one of you, I shall be presiding over this national day’s first ceremony in Paris, on the Human Rights Plaza in Trocadéro. And wherever the nation’s heart beats, both on our soil and in French communities abroad, I wanted every citizen to have the opportunity to be involved in this commemoration.

This is why every prefecture, every embassy today is participating in this moment where we come together, and not just victims and their families, but those who rescued them, are gathering in an exemplary spirit of dedication and solidarity.

I also wanted the tribute to be part of a wide-ranging approach of/to remembrance. Through the National Medal of Recognition for Victims of Terrorism, we honour the victims. By creating a terrorism memorial in France, a spot unique in the world, we shall counter the deadly forces of barbarism with the living light of memory and knowledge.

Their names are now engraved in bronze and stone. They are more deeply engraved in us.

Abel. Elsa. Bernard. Linda. Laurence, Jonathan, Philippe – so many other names, so many existences, talents, hopes, leaving a wound that is still open in our country’s side. We shall recollect your faces, your destinies, proving that your lives, snatched away by barbarity, have not been annihilated : our memories will perpetuate them, and they will bolster our love of freedom.

To those who sow death and terror, who want to destroy our reason and our way of living, France and Europe will always respond with the universal strength of their values and the calm power of the rule of law. They will defend themselves tirelessly, with huge reserves of tolerance, building high the ramparts of freedom and justice.

In choosing the words of Albert Camus, the victims’ groups understood the core of our challenge : faced with a world that is unravelling and sometimes barricading itself in, a world where “our grand inquisitors run the risk of establishing forever the kingdom of death”, we must “restore among the nations a peace… and remake with all men the Ark of the Covenant”.

May our united hands and gathered memories today begin to build that Ark.

Dernière modification : 13/03/2020

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